Pour une qualité graphique des livres
Alors que le contenu éditorial fait le succès ou non d’un ouvrage, quel rôle peut bien jouer son « vêtement » ? De l’avis du graphiste, la conception graphique participe à la bonne ergonomie du livre réalisé, en lui procurant sa maniabilité du point de vue de l’objet physique, de sa tenue en main, mais aussi et surtout d’une lisibilité optimale du contenu. Le concepteur de livres se doit de réaliser une mise en pages – au service de – et non pour lui même, ce qui demande à priori une certaine forme d’humilité.
Pour autant, cela n’enlève pas la qualité à consacrer à la création des ouvrages, bien au contraire. Une haute exigence artistique permet non seulement de répondre à ces premiers impératifs cités précédemment, mais également de renforcer la sémantique du contenu par des choix judicieux du format, des papiers, des caractères typographiques et de la mise en pages. Si l’histoire du livre dévoile des périodes fructueuses, notamment les Clubs de livres dans les années 50, l’ensemble de l’édition répond aujourd’hui à des impératifs économiques, étant passé d’un statut artisanal à une production de masse. Malheureusement, l’industrie du livre a écarté les professionnels expertes en conception. Tout comme le design industriel participe à une valorisation de l’objet et de sa fonction en amont du processus de production – en tirant parti des contraintes de coûts –, le design éditorial possède un tel rôle. Plus que jamais les concepteurs de livres, architectes spécialisés, doivent être impliqués, plutôt que de les mettre en marge.